La permission
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31 Mars 2007 à 15:20 dans
- Paris
Canon710is 1/200 F5 iso80
Une flaque d'eau comme support, des petits cailloux, une rotation de l'image, une légère saturation des couleurs, un contraste un peu poussé...
Au fil de ce blog, j'essaie désormais différents traitements, je n'aime pas les rendus forcés, mais moi qui cragnait de trop en faire, ces modifications sont utiles. Au niveau de la retouche je crains de franchir la ligne entre ce que mes yeux voient et transformer l'image pour davantage exprimer ce que je ressens. Au petit photographe dont je prends le rôle, je me sens mieux à ma place en quête de composition...
Canon710is 1/320 F7,1 iso100
Bientôt les beaux jours...en théorie. Les premières fleurs sont de sortie.Souvent je m'interroge sur le rapport entre la photo naturaliste et la photo urbaine, y a-t-il des raisons d'en voir un systématiquement ?
Je pars de mon ressenti : la photographie "naturaliste" m'est moins porteuse d'impressions que la photographie de rue. En second, je trouve la première plus banale que la deuxième. Les belles images piquées , les photos-tableaux me lassent. La nature est belle, la nature est fragile...oui on sait. Mais il y a tant de clichés vus...
Mon petit apprentissage de la photo s'est fait dans les champs. Pas le choix. Je mettais les escargots en bouteille. Derrière ces images à ras la terre, je ressentais le besoin de comprendre l'espace c'était beaucoup plus qu'une passion naturaliste. J'y ai appris les proportions, la lumière, les couleurs...
Un moment je fus blasé de la photographie champêtre. Mon arrivé dans les grandes villes m'a donné un autre regard sur la photographie. Je trouve encore que la photo urbaine apporte une autre dimension. A y réfléchir, absoluement tout de la ville porte l'histoire de l'homme, tout revient à l'homme. Un cailloux, une porte, un mur...et à chaque fois je déclenche pour mettre en avant le sens humain.
La couleur, les formes...ce sont là quelques bases acquises de la nature. J'ai beaucoup à apprendre encore et toujours, mais la nature me fut je pense formatrice. Aujourd'hui je regarde mes photos d'escalier, je pense...à l'escargot. Bizarre non ?
Un buffle, sous des mètres de neige, les glaçons collés autours des yeux, à sa robe, le souffle puissant, c'est beau. Mon problème est d'y voir une photographie du froid, une belle représentation du froid. Et pourquoi pas ? je connais le froid bien plus que le Buffle. Et puis il n'a pas froid l'animal , bien sûr, avec tous ces poils. Je le sais moi, moins l'enfant, moins...beaucoup beaucoup de gens. Au final impossible de ne pas penser aux êtres humains qui subissent ces conditions extrèmes...était-ce là une volonté implicite du photographe naturaliste ?
Un contexte finit par s'embriquer dans un autre. C'est peut être en partie ce qui fait la force d'une photo.
Je reviens fréquemment à la nature, par sentiments, mais la photographie me ramène à l'homme et à la ville. De toute façon, dès que la trace humaine apparait, je ne vois plus sur l'image la nature, la nature de l'homme oui ...humaniste plus que naturaliste ? je ne pense pas. Les sublimes endroits vaporeux, colorés, préservés, je sais que j'aime. Et si je me remettais à photographier les escargots ? juste pour voir ce que m'apporte la ville...