Petite parenthèse.
Souvent je me la pose cette question... ça commence où et ça s'arrête où.
Après tout, les différences apparaissent tôt, puisque sans même parler de traitement, d'un appareil à un autre, le résultat change. Alors je me dis qu'une photo reste une photo tant que l'objet de départ (l'image) résulte d'un procédé technique de photographie. Ca vaut ce que ça vaut...
Pour celle-ci, je n'ai rien changé. Enfin si au départ, trafiquages à gogo, puis constat: "ta photo elle pétille trop, tu as perdu quelque chose. Et ce quelque chose s'avèrait être l'essentiel de ce qui m'interressait. J'ai perdu le contact avec la réalité, l'instantané, le lieu, les pieds du lecteur, oui ses pieds. iL Lui les faut sur terre, on n'est pas des extra-terrestres. Quand vous faites une photo, pensez à vous occuper des pieds de vos lecteurs. A quoi ça sert de bricoler une photo, si on a perdu contact avec l'instant, le réel.
Alors du coup, retour à l'original, et alors nouveau constat: ma tête travaille et vient à fabriquer de l'imaginaire! le danger du traitement en trop , c'est d'en oublier l'accroche à la réalité , le point de départ. C'est une question de limite entre la réalité et l'idée, c'est un des volets de la photographie que de pouvoir créer des passerelles entre les deux, sans trop en faire.C'est pas simple.
J'en viens à faire mon autocritique ! Dans cette photo, j'ai l'idée de déformer la réalité pour faire de ce célestre monument (la pyramide du Louvre), un culte, un rite annoncant un fait dramatique, une veillée aux flambeaux juste avant l'aube. J'ai mon idée, l'outil c'est le réel , la pyramide( que j'espère on devine, quoique...), la passerelle pour emmener mon lecteur dans l'autre monde içi c'est la technique ( une illusion de feu et d'une "chaine humaine" par la couleur et le mouvement). Tout est à peu près calé, sauf que...le hic à mon sens, c'est de ne pas avoir su mettre en avant les personnages de droite pour que la photo "flotte" moins(le fameux pied) . Problème d'exposition, irrécupérable au traitement.Au final, je suis mitigé sur mon résultat, mais c'est beaucoup moins pire qu'avant...;) (cf la petite photo de dessous).
Voilà pourquoi, comme c'est souvent le cas en photo, le "dosage" est hyper important, pour que le lecteur puisse sans peine faire le va-et-vient entre ce qui existe et pas, s'il parvient à se monter une histoire du premier coup d'oeil, c'est gagné ! C'est sans dire que je pointe içi un des aspects de la photographie, la symbolique, il en existe tellement d'autres...