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Essais Photos

Photos des villes, photos des champs



Souvent je m'interroge sur le rapport entre la photo naturaliste et la photo urbaine, y a-t-il des raisons d'en voir un systématiquement ?

Je pars de mon ressenti : la photographie "naturaliste" m'est moins porteuse d'impressions que la photographie de rue. En second, je trouve la première plus banale que la deuxième. Les belles images piquées , les photos-tableaux me lassent. La nature est belle, la nature est fragile...oui on sait. Mais il y a tant de clichés vus...

Mon petit apprentissage de la photo s'est fait dans les champs. Pas le choix. Je mettais les escargots en bouteille. Derrière ces images à ras la terre, je ressentais le besoin de comprendre l'espace c'était beaucoup plus qu'une passion naturaliste. J'y ai appris les proportions, la lumière, les couleurs...

Un moment je fus blasé de la photographie champêtre. Mon arrivé dans les grandes villes m'a donné un autre regard sur la photographie. Je trouve encore que la photo urbaine apporte une autre dimension. A y réfléchir, absoluement tout de la ville porte l'histoire de l'homme, tout revient à l'homme. Un cailloux, une porte, un mur...et à chaque fois je déclenche pour mettre en avant le sens humain.

La couleur, les formes...ce sont là quelques bases acquises de la nature. J'ai beaucoup à apprendre encore et toujours, mais la nature me fut je pense formatrice. Aujourd'hui je regarde mes photos d'escalier, je pense...à l'escargot. Bizarre non ?

Un buffle, sous des mètres de neige, les glaçons collés autours des yeux, à sa robe, le souffle puissant, c'est beau. Mon problème est d'y voir une photographie du froid, une belle représentation du froid. Et pourquoi pas ? je connais le froid bien plus que le Buffle. Et puis il n'a pas froid l'animal , bien sûr, avec tous ces poils. Je le sais moi, moins l'enfant, moins...beaucoup beaucoup de gens. Au final impossible de ne pas penser aux êtres humains qui subissent ces conditions extrèmes...était-ce là une volonté implicite du photographe naturaliste ?

Un contexte finit par s'embriquer dans un autre. C'est peut être en partie ce qui fait la force d'une photo.

Je reviens fréquemment à la nature, par sentiments, mais la photographie me ramène à l'homme et à la ville. De toute façon, dès que la trace humaine apparait, je ne vois plus sur l'image la nature, la nature de l'homme oui ...humaniste plus que naturaliste ? je ne pense pas. Les sublimes endroits vaporeux, colorés, préservés, je sais que j'aime. Et si je me remettais à photographier les escargots ? juste pour voir ce que m'apporte la ville...


Commentaires

  1. faites comme bon vous semble ! ce sera bien...

    Posté par véronique — 02 Mar 2007, 12:48

  2. Merçi pour votre commentaire. Comme vous le voyez je cherchais à comprendre s'il existe une relation entre deux domaines de la photographie.
    Je respecte tout particulièrement le travail des naturalistes et je ne cherche surtout pas à savoir ce qui est mieux ou pas de s'interresser ! on sait que c'est un non sens.

    C'est juste mon histoire et ma vision. Heureusement qu'on n'éprouve pas les mêmes besoins!

    Je crois que c'est une question de démarche photographique. Me concernant, l'appareil est seulement un outil d'expression artistique. J'ai pris cette direction car elle me correspond.
    Peut être ai-je un point de vue relatant davantage de la sensibilité. Cela me donne, je pense, l'avantage de mettre entre parenthèse l'exactitude de certains domaines de connaissances.... sans rien dénigrer.
    :)

    Posté par Jean-françois — 02 Mar 2007, 20:09

  3. Je crois illusoire d'opposer nature et "culture", enfin je veux dire par là espaces naturels et espaces urbains.
    Je crois en outre que celui qui sait "voir" la Nature, sait mieux voir les Hommes. La nature propose des "modèles", des conceptions, des images, des façons de voir qui nourrissent et expliquent certains de nos comportements, de nos échafaudages intellectuels, de nos visions des choses.

    En d'autres termes, y a t-il une si grande différence entre photographier des escargots et des gens sur des chaises? Et plus osé encore, n'est-ce pas en photographiant des arbres, la mer, des étamines, des mouches qu'on apprend aussi à photographier des hommes dans leur lieu de vie?

    Bruno Latour l'a dit très justement il y a peu: si jusqu'à présent la Nature se débrouillait seule, si elle développait ses propores processus, sans qu'on en ait grand chose à faire, aujourd'hui nous avons en charge cette Nature ; comme il le disait aussi, pourquoi mépriser les objets de notre quotidien, car enfin, ils nous définissent et nous permettent d'être. Ainsi s'il n'y avait pas ce bureau sur lequel est posé mon ordi, s'il n'y avait cet ordi, s'il n'y avait pas cette chaise, s'il n'y avait pas les livres qui m'ont nourrie, s'il n'y avait pas par-delà ma fenêtre les chênes du jardin public qui s'ensommeillent et les jacinthes du jardin d'en face qui se préparent demain à éclore un peu plus, que signifierait être Homme?

    Posté par merbel — 02 Mar 2007, 22:25


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